La CFDT en ordre de marche, le 8 mars, pour l’égalité

Editorial de Laurence Laigo – Syndicalisme hebdo n° 3160 du 6 mars 2008
À l’occasion du 8 mars, la CSI (Confédération syndicale internationale) lance une campagne mondiale “Un travail décent, une vie décente pour les femmes”. Pour la CSI et ses organisations, il s’agit de marquer « le centenaire de la Journée internationale de la femme, qui puise ses racines dans les protestations, les grèves et des manifestations des femmes syndicalistes ». Il s’agit de ne pas oublier que, dans le monde, les inégalités entre les femmes et les hommes au travail sont encore criantes. Si 1,2 milliard de femmes travaillent aujourd’hui dans le monde, soit 40 % de l’emploi mondial, elles représentent encore 60 % des travailleurs pauvres. Bien sûr, c’est dans les pays en voie de développement que les inégalités et les violences faites aux femmes sont les plus frappantes.
En ce qui concerne la France, une nouvelle étude de l’Insee confirme une nouvelle fois que la situation n’est pas parfaite, loin de là ! Le taux d’emploi des femmes est inférieur à celui des hommes, elles sont davantage contraintes au temps partiel, elles ont le plus souvent la responsabilité des tâches domestiques et familiales, et elles occupent moins souvent que les hommes des postes à responsabilités, alors qu’elles obtiennent de meilleurs résultats scolaires qu’eux et font plus souvent des études supérieures. Sur le terrain emblématique de la pénibilité au travail, les femmes sont désormais les plus exposées aux TMS (troubles musculo-squelettiques) et aux risques psychosociaux : à âge, ancienneté, taille d’entreprise et famille professionnelle identique, la probabilité d’être exposé aux risques de TMS est 22 % supérieur chez les femmes que chez les hommes ! Enfin, sur le plan sociétal, les chiffres concernant les violences faites aux femmes restent ahurissants : une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint en France.
Le combat en faveur des femmes est depuis longtemps un identifiant fort de la CFDT. Tous, des militants d’entreprise à la confédération, nous devons continuer de nous engager pour faire évoluer nos pratiques et celles des employeurs, et peser sur les pouvoirs publics. C’est dans cette optique que la confédération s’est investie dans la conférence tripartite sur l’égalité professionnelle et qu’elle lance, à la veille du 8 mars, au cours d’un colloque sur l’égalité professionnelle, une grande enquête “Travail en questions”.
43 % de nos adhérents sont des adhérentes, nous nous devons collectivement de donner l’exemple et de faire progresser nos pratiques et la parité dans toute la CFDT. Plus que jamais, l’égalité professionnelle est un chantier de tous les jours au sein de notre organisation.
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