Aider les jeunes à s’inventer un avenir

Publié le par confédération

Editorial de François Chérèque, Syndicalisme hebdo n°3167 du 24 avril 2008 

Depuis quelques années, il devient récurrent de voir fleurir au printemps des manifestations lycéennes. Si cette année les revendications se cristallisent autour de l'opposition à la suppression annoncée de quelque 11 200 postes de professeurs dans les collèges et lycées, il serait simpliste de résumer, comme le voudraient certains, ce mouvement à une simple contestation de la réduction arithmétique du nombre d'enseignants. Il s'agit au contraire de l'expression d'une peur de l'avenir de la part de jeunes qui s'interrogent sur le moyen de trouver leur place dans la société. Il n'est en effet pas anodin que ce mouvement ait débuté en banlieue, et plus particulièrement à Aubervilliers, véritable symbole du mal-être des jeunes "des quartiers".

Si nous ne réalisons pas au plus vite que, loin de constituer une remise en cause de la société, ces mouvements lycéens traduisent au contraire un appel au secours de jeunes qui aspirent à y trouver leur place, le risque est grand de se couper de la jeunesse, de la laisser sur le bord de la route. C'est pourquoi, au-delà de la légitime défense du nombre de postes d'enseignants, les organisations syndicales, au premier rang desquelles la CFDT, doivent s'efforcer de construire avec les jeunes des réponses pour leur avenir. Il est en effet inacceptable de laisser chaque année 150 000 jeunes quitter l'école sans qualification, et donc sans espoir d'intégration dans la société.

De même, ce serait une erreur majeure de succomber aux lieux communs en faisant de ces manifestations les prémisses d'un nouveau Mai 68. La présidente de la Fidl elle-même tord le coup aux parallèles faciles et simplistes que certains voudraient faire en comparant les deux mouvements. Selon elle, si, en 1968, les étudiants manifestaient pour se libérer d'une société trop rigide, aujourd'hui les lycéens sont dans la rue pour revendiquer les conditions et les moyens d'avoir le bac. Un pragmatisme et une lucidité qui ne peuvent qu'interpeller la CFDT au moment où notre organisation s'interroge sur l'héritage de Mai 68.

La CFDT se doit d'être, comme il y a quarante ans, l'organisation syndicale la plus en phase avec les aspirations de la jeunesse qui, loin de vouloir renverser la société, souhaite y entrer. Nous devons faire de l'accès à qualification et de l'entrée dans l'emploi des composantes à part entière des parcours professionnels. Cela passe bien entendu par un service public de l'enseignement de qualité mais également par la capacité de la société à offrir des perspectives d'avenir à sa jeunesse.

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