Débusquer les discriminations, une exigence CFDT
Le 21 mars 1960, à Sharpeville, en Afrique du Sud, la police ouvrait le feu sur un rassemblement pacifique de jeunes étudiants qui protestaient contre l’apartheid ; il y eut des dizaines de victimes parmi les manifestants. À la suite de ces événements, en 1966, l’Assemblée générale des Nations unies a lancé un appel à la communauté internationale pour redoubler d’efforts afin d’éliminer toutes les formes de discrimination raciale (résolution 2 142 [XXI]) en proclamant le 21 mars Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale.
Aujourd’hui, l’apartheid n’existe plus en Afrique du Sud. Les lois de séparation raciale ont été abolies aux États-Unis, et plus aucun pays n’assume de législation ouvertement raciste. Mais, bien souvent – et les syndicalistes le vérifient chaque jour –, les lois, si positives soient-elles, ne suffisent pas à elles seules à abattre le racisme ni à éliminer les discriminations de toutes sortes.
C’est la raison pour laquelle, à l’occasion du 21 mars 2008, la CFDT doit s’interroger sur sa capacité à agir collectivement dans le monde du travail afin de faire reculer le fléau des discriminations. Nous disposons bien d’un arsenal juridique approprié pour combattre le racisme sous ses formes les plus visibles, mais qu’en est-il de ses versions les moins avouées, celles qui se camouflent derrière les préjugés, le laisser-faire et la bonne conscience ?
L’accord sur la diversité signé le 14 février 2007 entre quatre syndicats (dont la CFDT) et certaines organisations patronales constitue sans conteste, de ce point de vue, un premier pas important. Un an après, presque jour pour jour, et sur la demande pressante de la CFDT, la CNNC (Commission nationale de la négociation collective) a rendu, le 12 février, un avis positif pour son extension afin de lui donner un caractère légal et obligatoire dans le champ d’application des organisations professionnelles signataires.
Le fait d’avoir conclu un accord, le constat que des branches professionnelles ou des Régions s’en soient saisies pour le décliner, la décision de son extension : tout cela devrait nous satisfaire. Ce n’est cependant pas suffisant. Car notre ambition est que dans tous les établissements et entreprises – du privé comme du public –, les représentants des salariés et des directions s’interrogent et agissent pour débusquer les pratiques qui pénalisent l’accès à l’emploi ou à l’évolution de carrière en raison des origines réelles ou supposées de demandeurs d’emploi ou des salariés.
Mille accords pour l’égalité : un but exigeant, mais atteignable, que la CFDT s’est fixé. Que ce 21 mars 2008 soit mis à profit par les syndicats et les sections et que chacun se demande ce qu’il fait vraiment pour combattre le racisme sous toutes ses formes.
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